Nuit de féerie,
La lune est aveuglante,
Des volutes nuageuses tamisent un ciel d’ébène.
Un interstice, elle s’y glisse,
Pour réapparaître radieuse, plus glorieuse,
Dans la fumée noire de nuages opaques
Comme la fumée noire d’un feu mourant.
Des myriades d’étoiles dansent la cadence,
Petits rats lumineux
D’un opéra grandiose
Les arcanes explosent.
Les contours de l’astre s’estompent,
Grignotés par l’ombre de la terre.
Il devient croissant éblouissant,
Cerné d’un arc scintillant,
Soulignant l’œil palissant.
Les cotons sombres le voilent
Et le dénudent avec impudeur.
Son cœur en filigrane suspendu
à un arceau faiblissant
Se pare de filaments sanguinolents.
Pâle astre des ténèbres
Vaincu par la terre
N’offre plus que modeste misère
Envahie d’une ombre passagère
Tu t’évanouis dans l’atmosphère.
Puis la terre bonne mère,
Achève sa course hivernaire,
Et la lune en croissant apparaît
Se reforme, boule de lumière,
Une fois le cycle terminé.